Tracer le chemin de l’avenir
L’eau et les secteurs des ressources naturelles du Canada
Synthèse de la discussion de l’atelier
24 février 2009
Ottawa (Ontario)
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Eau et secteurs des ressources naturelles du Canada
La Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE) entreprend un nouveau programme de recherche sur l’eau et les secteurs des ressources naturelles du Canada.
Le programme de recherche enrichira le programme national sur l’eau de la TRNEE en examinant les relations
entre le secteur de l’énergie, le secteur minier, l’industrie forestière et le secteur agricole et la viabilité de l’eau, dans le contexte des changements à l’approvisionnement et à la distribution attribuables aux changements climatiques et aux demandes économiques croissantes.
Tout au long du programme biennal, la TRNEE mettra à contribution des chefs de file du secteur des industries,
des représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, du milieu universitaire, des organisations non gouvernementales, des Autochtones et des groupes régionaux, ainsi que de la société civile dans le cadre de la recherche.
Résumé
- La TRNEE a rassemblé 45 experts de partout au Canada pour discuter des principaux enjeux sur les interactions entre l’eau, le secteur des ressources naturelles (énergie, mines, foresterie et agriculture) et les changements climatiques ainsi que pour solliciter des conseils au sujet des domaines particuliers sur lesquels le Programme peut mettre l’accent.
- Les enjeux prédominants ont été abordés du point de vue des tendances, des défis et des occasions de changement, et concernaient la nécessité d’un changement de paradigme, le leadership, une nouvelle structure de gouvernance se basant sur l’approche des bassins hydrographiques et la valeur de l’eau, soutenue par la science et l’information.
- Les conseils recueillis serviront à façonner le Programme de la TRNEE et à raffiner sa portée.
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1. INTRODUCTION
La Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE) a lancé son Programme national sur l’eau et les secteurs des ressources naturelles du Canada en novembre 2008 pour :
- Déterminer les possibilités et les enjeux fondamentaux associés à l’interrelation entre l’eau, les ressources naturelles et les changements climatiques.
- Appuyer la conception et la mise en oeuvre de nouvelles politiques et méthodes, et de nouveaux mécanismes de gestion de l’eau qui favorisent à la fois la santé des écosystèmes et la viabilité économique des secteurs.
Le programme repose sur la présomption que la viabilité économique des secteurs de l’agriculture, de la foresterie, des mines et de l’énergie est étroitement liée à la viabilité des ressources en eau du Canada. La TRNEE explorera cette relation et examinera en profondeur les principales tendances et vulnérabilités ainsi que les principaux enjeux et défis auxquels sont confrontés les secteurs. Les progrès et les essais réalisés sur la scène internationale établiront le contexte pour le secteur des ressources et les enjeux reliés à l’eau.
2. BUTS ET COMPOSITION DE L’ATELIER

Des experts nationaux représentant les universités, les quatre secteurs visés, les gouvernements, les organismes non gouvernementaux et la communauté autochtone ont été invités à un atelier d’une journée visant à fournir des conseils à la TRNEE afin d’aider à « tracer le chemin de l’avenir » et à définir les priorités du Programme.
L’événement avait pour objectifs :
- de confirmer les possibilités et enjeux actuels et émergents concernant l’utilisation de l’eau et les secteurs des ressources naturelles;
- de solliciter des conseils sur la façon dont la TRNEE peut, en respectant les directives du Programme, mieux contribuer au programme national sur les eaux.

Christopher Hilkene, membre de la TRNEE et président du Comité consultatif
d’experts du Programme |
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Un document de travail décrivant les enjeux et les défis déterminés lors de la phase initiale visant à établir la portée de la TRNEE a servi de point de départ aux délibérations de la journée.
L’atelier était présidé par Christopher Hilkene, membre de la TRNEE et président du Comité consultatif
d’experts du Programme. Bill Borland, président du Réseau canadien de l’eau et vice-président des programmes fédéraux canadiens du bureau pour les opérations environnementales d’AMEC, a prononcé le discours d’ouverture et a demandé aux participants de songer à la position que les Canadiens souhaitent occuper en termes de gestion et de préservation de sources d’eau douce dans les 10 à 20 prochaines années.
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Liza Campbell, conseillère principale en politiques de la TRNEE, a donné le ton pour les délibérations du jour en avertissant le groupe que « la mesure dans laquelle les secteurs s’en remettent à un approvisionnement prévisible d’eau n’est pas clairement définie – chaque secteur aura en effet une relation
de dépendance différente envers cette ressource » et a ainsi lancé les délibérations de la journée.Les tendances suivantes ont été utilisées pour orienter la discussion :
- Les demandes concurrentes relatives aux ressources hydriques entrainent des problemes de quantite, de qualite et d'attribution de l'eau.
- Le changement climatique aura des incidences variees sur l'eau souterraine, les cours d'eau, les lacs et reservoirs, les terres humides et la cryosphere.
- L'eau presentera une contrainte pour les developpements futurs dans les secteurs de l'energie, de l'agriculture, de la foresterie et des mines au Canada.
- Des solutions basees sur une approche integree de la gestion de l'eau seront necessaires pour repondre aux demandes concurrentes.
Questions posees aux participants de l'atelier :
3. MESSAGES CLES DES INTERVENANTS
Les experts ont confirme la validite des enjeux cernes dans le document de travail et ont acquiesce qu'ils etaient conformes a leur comprehension des enjeux et des defis concernant l'eau au Canada. Ils ont egalement
confirme que la TRNEE a trouve un creneau particulier et important dans la question generale de l'eau en se concentrant sur les quatre secteurs des ressources naturelles d'un point de vue integre. Meme si beaucoup de recherches ont deja ete entreprises au Canada sur l'eau elle-meme et sur la relation entre l'eau et le changement climatique, il y a eu relativement peu de travaux sur l'interrelation entre l'eau, le changement climatique et les quatre secteurs vises.
La définition actuelle du programme a été fortement soutenue, et on a reconnu que les prochaines étapes exigeront d’en préciser davantage la portée. On a reconnu que le changement climatique était une variable importante, mais n’en était pas le point central.

Robert Dubé
Membre de la Table ronde
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On a encouragé la TRNEE à se concentrer sur ses rôles de catalyseur et de rassembleur. On estime que l’organisme est bien placé pour jouer un important rôle de leader et faire participer les quatre secteurs. L’absence de leadership au niveau fédéral sur la gestion de l’eau au Canada était perçue par plusieurs comme un obstacle à long terme à la gestion efficace de l’eau.
On a avancé que par la conception de processus visant à établir un consensus et à favoriser l’engagement des intervenants, associée à des recherches rigoureuses sur les enjeux propres à chaque secteur et sur les enjeux intersectoriels ou relatifs aux bassins hydrographiques, le Programme entraînera des recommandations
efficaces aux politiques et à la gouvernance. Les participants estimaient que le processus lui-même devrait stimuler l’intérêt pour de nouveaux outils et mécanismes visant à améliorer la viabilité du secteur des ressources naturelles. |
Un des messages clés des experts fut que la TRNEE doit d’abord faire le bilan des travaux scientifiques, des connaissances, des données et des renseignements déjà disponibles; en effet, il existe une foule de renseignements,
mais ces derniers sont fragmentés, répartis dans tout le pays et hébergés par des universités, des ministères et les industries elles-mêmes. Le fait d’acquérir ensuite une solide compréhension de la relation
que chaque secteur entretient avec l’eau fournira les bases permettant d’examiner les enjeux comme le rôle et la valeur de l’eau, son attribution, les exigences des écosystèmes et les besoins en matière de gouvernance
et de politiques.
4. CE QUE NOUS AVONS ENTENDU

La section suivante consigne les principaux points de discussion et l’éventail des conseils fournis à la TRNEE en réponse aux questions suivantes, formulées dans le document de travail de l’atelier et posées lors de l’événement. Ces points ne représentent pas nécessairement la position de la TRNEE sur ces questions. Cependant, ces conseils seront considérés pour les prochaines étapes du programme.
Questions à débattre :
1) Quelles sont les principales tendances relatives à l’eau et quels sont les défis connexes auxquels sont confrontés les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, de la foresterie et des mines ?
2) Comment ces secteurs sont-ils positionnés pour faire face aux problèmes actuels et futurs liés à la qualité et à la disponibilité de l’eau ? |
Moteurs économiques internationaux et autres forces agissantes
- L’un des points soulevés est le fait que la plus grande demande d’eau à l’échelle mondiale découle de l’irrigation nécessaire à la production des aliments. On prévoit que la population mondiale sera de 8 ou 9 milliards de personnes d’ici 2050, ce qui exigera 3 800 kilomètres cubes d’eau supplémentaires pour l’irrigation afin de répondre à la demande d’aliments, ce qui correspond à la quasi-totalité de l’eau disponible à la surface de la Terre. Cette situation exigera de difficiles compromis en matière de politiques publiques et peut être perçue à la fois comme une occasion pour l’agriculture canadienne et comme une obligation pour le Canada de modifier les pratiques actuelles de gestion de l’eau et de servir une économie mondiale.

Bill Borland
Président du Réseau canadien de l’eau |
Changement de paradigme
- Le paradigme de croissance et d’abondance régissant traditionnellement la gestion des ressources naturelles plutôt que la durabilité ne tenait pas compte des limites écologiques et ne mettait pas en évidence les produits et services écologiques. Par exemple, le coût monétaire d’un boisseau de blé ne tient pas compte du coût associé à la dégradation de l’environnement, ni le coût de l’eau utilisée pour sa croissance et production. Ce paradigme est en train de changer, mais pas assez rapidement, entraînant l’épuisement rapide des ressources et la dégradation des écosystèmes qui soutiennent la viabilité de ce secteur
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Lacunes dans les données et les connaissances
- Les données, la science et les connaissances sur les impacts actuels et prévus du changement climatique sur l’eau sont insuffisantes. Aucun secteur ne sait combien d’eau est présentement utilisé et quelle quantité sera disponible dans le futur, et la plupart des industries, y compris celles des quatre secteurs, sous-estiment la gravité et l’impact du changement climatique.
Gestion de l’eau et gouvernance
- Chaque secteur s’adapte différemment aux changements dans la disponibilité de l’eau, la taille, l’envergure et l’emplacement géographique jouant des rôles importants. Le secteur agricole, par exemple, se distingue des trois autres notamment en raison de la taille des établissements, de leur capacité à entreprendre des recherches et à réagir ou s’adapter au changement climatique, et à leur aptitude à saisir les occasions qui se présentent. Le gouvernement devra reconnaître qu’il existe des différences considérables entre le fermier type qui est un entrepreneur et les petites (ou grandes) entreprises des secteurs des mines, de la foresterie et de l’énergie.
- La double menace que représentent les sécheresses et les surplus d’eau a une incidence de plus en plus grande sur les barrages hydroélectriques.
- La concurrence pour l’eau s’accroît au Canada. Les lois actuelles sur l’eau ne sont pas conçues pour aborder les questions de l’attribution ou de la réglementation dans des situations où la disponibilité de l’eau diminue. Les lois sont fragmentées, les processus décisionnels ne favorisent pas la coopération
et les secteurs sont réglementés individuellement.
- De nouvelles approches, de nouveaux mécanismes et de nouveaux outils en matière de gestion de l’eau sont requis, et ceux qui existent doivent être plus largement adoptés. Les obstacles à la gouvernance
et le manque de volonté politique sont considérés comme des entraves importantes à une gestion
plus efficace de l’eau. On a fait remarquer que « nous avons fait la mauvaise chose avec beaucoup
d’enthousiasme » en ce qui concerne la mise en oeuvre de politiques publiques.
Question à débattre :
3)
Quels sont les défis relatifs à l’eau communs à tous les secteurs des ressources
naturelles ? |
Gouvernance
- Le Canada n’est pas perçu comme ayant une bonne réputation dans l’élaboration de processus qui évaluent et prennent en compte les effets environnementaux cumulatifs des activités liées au développement des ressources, des politiques ou des programmes. Davantage de ces types de processus sont nécessaires puisqu’ils favorisent la compréhension des enjeux et des impacts, qu’ils créent des tensions créatrices et qu’ils permettent la validation par des tiers. En outre, il n’existe pas, dans les processus communs, de point d’entrée logique pour la communauté, dans l’éventualité où elle souhaiterait participer.
- Trop souvent, les politiques, les règlements et les processus décisionnels n’ont pas évolué au même rythme que le secteur et les besoins de l’écosystème. Dans le secteur de la foresterie, le Règlement sur les effluents des fabriques de pâtes et papiers et la Loi sur les pêches ont amélioré efficacement la qualité des effluents. Par contre, le secteur s’efforce maintenant d’améliorer considérablement sa consommation d’eau, et les règlements actuels constituent un obstacle majeur.
- En ce qui a trait à la quantité et à la qualité de l’eau, les besoins devraient être intégrés dans des politiques et des règlements. De plus, une évaluation du cadre stratégique devrait être réalisée pour déterminer quelles politiques sont contre-productives.
- Les gouvernements et représentants autochtones demeurent en marge des discussions sur la gestion de l’eau, et la TRNEE est bien placée pour apporter des changements à la portée et aux travaux du Programme.
Attribution, valeur et prix de l’eau
- Il faut déterminer à quel point les secteurs sont en mesure d’aborder les changements à la disponibilité de l’eau. Ceci pourrait être fait en entreprenant une analyse détaillée des conflits, des tendances et des pratiques exemplaires dans certains bassins hydrographiques spécifiques. Il est nécessaire de trouver un équilibre entre l’utilisation d’eau par les secteurs et les besoins des écosystèmes, puisque les secteurs dépendent d’une source d’eau continue.
- Les mécanismes historiques d’attribution et de gouvernance ne reflètent pas la « valeur » changeante de l’eau et la diminution de sa disponibilité. Certaines attributions datent d’il y a 100 ans et ont été accordées à des fins qui ne sont plus pertinentes. On estime que les obstacles réglementaires constituent la principale entrave aux réformes. Cette question touche les quatre secteurs et constituera un défi de plus en plus important à mesure que la concurrence s’accentuera entre les besoins des quatre secteurs, des municipalités et des écosystèmes.
- Jusqu’à récemment, on ne portait peu ou pas attention à la consommation d’eau et à sa gestion au sein des quatre secteurs. L’établissement d’un prix pour l’eau est perçu comme un moyen efficace de mieux évaluer l’eau et d’accroître l’efficacité de son utilisation. La résistance à l’établissement d’un prix et du coût de revient complet de l’eau constituera un défi à relever à moyen et à long terme. Une mise en oeuvre non proportionnelle de ces outils pourrait nuire aux quatre secteurs.
- Confronté à une baisse de son approvisionnement en eau et d’une hausse internationale de sa demande, on préconise que ce ne soit qu’une question de temps avant que le Canada ait à déterminer le rôle qu’il souhaite jouer à l’échelle mondiale. Tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une question très émotive, il faut admettre qu’il existe des marchés internationaux (surtout au sud de la frontière) pour notre eau, si un prix était attribué à l’eau. Comment la croissance de la demande internationale est abordée dans une perspective politique devra être prise en compte d’un point de vue stratégique, dans l’approche nationale des ressources en eau du Canada. Il a été noté qu’il sera impératif de bien comprendre la situation de l’eau au Canada et, dans la mesure du possible, l’évolution de cette situation dans le futur pour être en mesure de comprendre quelles pourraient être les répercussions si l’on souhaitait explorer ces marchés.
- Dans l’élaboration d’une gamme d’instruments économiques, on doit envisager des mesures incitatives pour l’innovation. Toutefois, même si l’innovation et les solutions technologiques font partie de la solution de gestion de l’eau, la promotion de l’innovation dans l’ensemble des secteurs constitue un défi. Des mesures incitatives et des structures de marché très différentes encourageront l’innovation, et l’on doit d’abord comprendre celles-ci.
Questions à débattre :
4) Dans quels domaines des changements sont-ils requis pour faire face aux tendances et aux vulnérabilités et pour faciliter la responsabilisation des intervenants ?
5) Pour chacun de ces domaines, quels changements particuliers sont nécessaires ? |
Gouvernance
- Les participants estiment que pour que des mesures soient prises au Canada dans le domaine de l’eau, il faut un champion.
- Le premier changement nécessaire est que l’eau doit être reconnue par les décideurs comme une priorité et des objectifs nationaux doivent être fixés. Une stratégie nationale sur l’eau est considérée comme un outil efficace pour favoriser une nouvelle éthique publique en matière d’eau et entraîner des changements stratégiques appuyés par de nouvelles structures et de nouveaux mécanismes de gouvernance. Une plus grande participation des intervenants au processus décisionnel serait essentielle pour que la mise en oeuvre de la stratégie soit réussie.
- Grâce à une stratégique nationale sur l’eau, les rôles, les responsabilités et les imputabilités des divers ordres de gouvernement et des divers acteurs seraient mieux définis, et les obstacles à la coopération entre les différentes compétences seraient atténués. Cette approche offrirait aux communautés autochtones un point d’accès au dialogue canadien sur l’eau. Une telle stratégie fournirait un sens collectif à l’importance de l’eau, y compris à sa contribution au PIB, à son rôle dans la productivité, à son importance pour la santé de l’écosystème et à d’autres grandes considérations sociales.
- Avec ou sans une stratégie nationale sur l’eau, il faut adapter le cadre stratégique pour favoriser la conservation et la productivité de l’eau. Toutefois, il est d’abord nécessaire de mieux comprendre les rôles relatifs et les possibilités des mesures incitatives et des règlements en matière de gestion de l’eau.
- Avant de procéder à la création de tout nouveau mécanisme de gouvernance, on doit examiner les initiatives locales et régionales qui ont été couronnées de succès, comme le Fraser Basin Council. La présence d’une entité responsable des décisions relatives au bassin hydrographique est une option attrayante, surtout parce qu’elle peut servir de fondement à l’attribution.
Transfert des données scientifiques et générales, et des connaissances
- Le Canada doit réinvestir dans sa base de connaissances scientifique et rebâtir sa capacité au sein des gouvernements.
- Même s’il existe beaucoup de données, en particulier au niveau local, ces données ne sont pas généralement partagées ou colligées et incorporées dans la prise de décisions aux niveaux les plus élevés du gouvernement et de l’industrie. La TRNEE est perçue comme occupant une position avantageuse pour accomplir une telle fonction de coordination et de diffusion de l’information dans le cadre de son Programme sur l’eau.
- On a fait remarquer qu’il n’y aura sans doute pas d’améliorations importantes de la modélisation dans un avenir rapproché et que les techniques comme l’évaluation et l’atténuation des risques constituent des options viables pour déterminer les probabilités d’occurrence d’événements liés à l’eau et découlant du climat.
Attribution de l’eau
- Les systèmes d’attribution doivent changer puisqu’il faut d’abord déterminer les besoins en eau de l’écosystème pour lui permettre de fournir les services essentiels qu’il doit assurer. Alors seulement, l’eau pourra être attribuée
Question à débattre :
6) Compte tenu du mandat de la TRNEE et des autres initiatives en cours au Canada relativement à l’eau, quelles sont les questions les plus importantes associées à la recherche et aux politiques que la TRNEE pourrait le mieux résoudre, afin de combler des lacunes en matière de connaissances ou de politiques ? |
- Recueillir des informations. Recueillir des données et des informations actuelles sur l’interaction entre l’eau et le changement climatique. Il n’est pas question d’une nouvelle recherche, mais plutôt d’une enquête sur l’état de la situation. Il faut ensuite traduire les résultats en politicianais – un langage compréhensible sur le plan politique qui permet de trancher le noeud gordien de ce problème complexe.
- Analyse des tendances. Documenter et examiner les tendances internationales et nationales touchant la demande de ressources naturelles et d’eau au Canada. Cela contribuerait à comprendre, dans une perspective globale, vers où le monde se dirige et ce à quoi il pourrait ressembler dans 25 ans. Une approche éclairée permettrait de placer en contexte les besoins immédiats en matière de science, de données, de gestion et de politique, en établissant le fondement d’une approche plus proactive que réactive.
- Convocation des secteurs. Convoquer les quatre secteurs séparément afin de discuter de ce qu’ils font, de la façon dont ils envisagent leur avenir en ce qui concerne l’eau et l’impact du changement climatique. La coordination de cette approche stratégique serait assurée avec plus d’efficacité par la Table ronde, compte tenu de sa capacité unique de communiquer avec le public et les politiciens. En effet, de nombreuses industries ont du mal à atteindre ces auditoires. La TRNEE pourrait alors effectuer la synthèse et transmettre les résultats de ces quatre dialogues et, dans la mesure du possible, en tirer des conclusions et formuler des recommandations.
- Étude des pratiques exemplaires. Diriger une étude des pratiques exemplaires dans chacun des quatre secteurs concernant l’adaptation au changement climatique, l’augmentation de la demande et les changements dans la disponibilité de l’eau. Comment amener certaines industries ou certains secteurs à s’adapter avec succès à la diminution de la disponibilité de l’eau ? La Table ronde pourrait en faire un recueil d’exemples d’actions catalytiques. Ces exemples pourraient toucher les pratiques industrielles, les approches à la conservation de l’eau, la gouvernance, les structures institutionnelles et la connexion entre gouvernance et décisionnaires. Une autre partie de cette étude est d’envisager la façon dont l’eau est actuellement valorisée.
- Nouveaux procédés de gestion de l’eau. Favoriser le développement de procédés de conservation, de productivité et de gestion efficace de l’eau pour les quatre secteurs des ressources naturelles.
- Communiquer le caractère urgent. Exploiter les constatations de la recherche et l’impulsion donnée par le Programme pour transmettre un message clair au gouvernement fédéral quant au besoin urgent d’une réforme de la politique de l’eau au Canada.
- Établissement de réseaux de leadership
- Réseaux liés à l’offre. Examiner les différents organismes en jeu dans le domaine des politiques publiques sur le plan de l’offre. Ces organismes comptent notamment le Conseil canadien des ministres de l’Environnement (CCME), l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP) et la Fondation Gordon. Il y a un risque que ces organismes dédoublent leurs efforts et soient donc inefficaces.
- Réseaux liés à la demande. Deuxièmement, étant donné que la question de l’eau est fragmentée dans l’ensemble du pays, il y a un risque qu’une grande partie de ce travail ne soit pas accomplie. Pour aider à contrer ce risque, créer dans l’industrie une demande pour une meilleure coordination des politiques publiques.
- Communauté des intervenants. Favoriser l’établissement d’une communauté d’intervenants qui ont besoin de partager l’information et les pratiques exemplaires, à l’instar d’un réseau d’excellence.
- Déterminer le coût de l’inaction. Inclure une analyse du coût de l’inaction au Canada, sur ses exportations, sur la viabilité du secteur et sur la disponibilité de l’eau à long terme. Inviter les quatre secteurs à évaluer le risque en fonction des tendances et des changements internationaux et nationaux pour leur secteur particulier. Les secteurs pourraient alors explorer les meilleurs moyens de maintenir la prospérité économique et environnementale dans l’avenir en déterminant les changements qui s’imposent en cours de route. Les résultats de ce dialogue seraient communiqués aux décideurs gouvernementaux afin d’implanter ces changements.
- Recueillir les pratiques exemplaires de gestion. Établir un recueil des leçons apprises – tant positives que négatives – sur la gestion des bassins hydrographiques. Cette mesure est nécessaire pour commencer à comprendre les changements climatiques cumulatifs et d’inventorier correctement les vulnérabilités de chaque secteur. Ce recueil devrait être partagé avec les intervenants et devrait supporter le développement de recommandations par la TRNEE.
- Les forêts jouent un rôle dans le maintien et la restauration des ressources en eau, et la gestion forestière peut servir de stratégie de biorestauration pour les écosystèmes endommagés. Des exemples de ce mode de restauration devraient être mis en évidence.
- Présenter aux décideurs clés les mesures pour réformer la politique de l’eau qui amélioreraient la capacité des quatre secteurs à s’adapter aux événements qui risquent de se produire compte tenu de l’avenir très incertain de l’eau.
Gouvernance
- Au Canada, on compte 200 compétences qui revendiquent la responsabilité de l’eau. Étant donné que la Table ronde a remporté du succès dans le domaine de la gouvernance, elle serait très efficace dans l’établissement d’un cadre de gouvernance de l’eau, en indiquant les redondances et, en fin de compte, en recommandant un cadre efficace. Il ne s’agirait pas de centraliser les compétences concernant l’eau, mais de les coordonner lorsqu’une entité franchit ses limites.

Stratégie nationale de l’eau
- Premièrement, créer un consensus national sur l’objectif que le Canada doit atteindre en ce qui a trait à la stratégie nationale de l’eau et déterminer les secteurs où il existe un avantage mutuel et une coopération entre les intervenants. Encourager un leadership fédéral fort.
- Deuxièment, favoriser la création d’une stratégie nationale de l’eau qui reflète les valeurs scientifiques et sociales du Canada et qui intègre ses secteurs des ressources naturelles. Commencer avec la politique de l’eau du Canada existante qui a été déposée en 1987 (http://www.ec.gc.ca/water/fr/info/pubs/fedpol/f_fedpol.htm). Examiner les points où elle est toujours applicable et les points qui demandent une mise à jour.
- Faire participer les collectivités autochtones à la définition et à l’application d’une nouvelle éthique en matière d’eau. Les questions de changement climatique, de qualité et de quantité d’eau, de connaissances des collectivités, d’adaptation et de gouvernance touchent toutes les collectivités autochtones.
Gestion des bassins hydrographiques
- Mettre davantage l’accent sur la gestion des bassins hydrographiques et la participation des citoyens plutôt que sur la promotion d’une approche centralisée. La gestion des bassins hydrographiques emploie une approche par communauté qui fait participer les gens, et c’est en fin de compte la population qui devra changer.
Donner une valeur/un prix à l’eau
- Encourager le développement d’institutions qui considèrent la valeur de l’eau et établit des prix qui réflètent cette valeur. La considération du rôle essentiel de l’eau dans la viabilité écologique et ses répercussions financières sur les secteurs devra être réalisée.

Liza Campbell
Conseillère principale en politiques de la TRNEE |
Communiquer l’urgence – porter l’enjeu à l’attention du public
- Sensibiliser le public à l’enjeu de l’eau – à l’importance de cet enjeu. Il ne s’agit pas seulement d’un problème pour l’environnement, quant à la conservation de l’eau, mais également d’un problème pour l’économie. Démontrer comment la demande future en eau limitera la croissance dans ces quatre secteurs. Étayer par des documents qu’en évitant de prendre des mesures dès maintenant, on créera d’importants impacts pour les industries, qui ne pourront pas croître.
- Sonner l’alarme en ce qui concerne la quantité et la qualité de l’eau, et faire savoir que la crise est déjà commencée. Il y a peu de chances que des mesures soient prises avant que les politiciens croient que nous sommes en crise. La TRNEE peut rassembler un groupe unique de partenaires qui exprimeront leurs préoccupations et lanceront un appel national au leadership. Collaborer avec l’industrie pour exposer ce point de vue.
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Examiner des politiques ou des approches précises
- Reconnaître la possibilité que les barrages représentent une solution pour s’adapter aux besoins croissants en eau et à la variabilité de l’eau et corriger les perceptions erronées, comme le préjugé à l’égard de l’hydroélectricité. Les barrages ont une énorme capacité d’entreposage qui pourrait servir à atténuer certaines des fluctuations découlant du changement climatique, aussi bien pour le contrôle des inondations que pour fournir de l’eau potable en cas de sécheresse.
- Promouvoir des politiques qui mènent à un meilleur approvisionnement en eau. Considérer l’irrigation comme une possibilité et étudier le rôle des barrages pour aider aux efforts d’irrigation. Si le climat devient plus variable, l’irrigation devra jouer un rôle dans le maintien et l’expansion des terres agricoles, ce qui sera nécessaire pour assurer la production de nourriture pour une population nationale et internationale croissante.
- Commencer au pays par quelque chose de pratique, d’efficace et de rapide, comme la conservation, l’efficacité et la productivité. Sept secteurs de l’Alberta adopteront cette approche. Trois crises récentes de l’eau en Alberta ont incité la province à aller de l’avant, mais il serait aussi utile que nous allions de l’avant à l’échelle nationale.
Développer une façon de mesurer l’empreinte d’une industrie ou d’un secteur sur l’eau. Cette question suscite actuellement un profond désaccord. L’établissement d’une norme ferait également participer les industries et offrirait une manière de mesurer la réussite.
- Définir ce à quoi la présumée « nouvelle économie » ressemblera au pays et dans le monde, et déterminer ce que cela signifie pour les ressources en eau du Canada. Déterminer en outre quelle devra être la capacité du Canada à cet égard, surtout sur le plan de la science et des lignes directrices nationales.
- Entreprendre une analyse approfondie de la situation de l’eau au Canada. Tous les exemples récents sont « vastes et superficiels » et ils n’analysent pas les données. La première étape consisterait à mesurer la contribution de l’eau dans les quatre secteurs.
- Tenir compte de la manière dont l’innovation et la consommation de l’eau peuvent être utiles. L’industrie s’est déjà engagée dans cette voie, alors il s’agit de mettre au point des pratiques exemplaires.
- Chercher des mesures qui auront une incidence à court et à moyen terme. Promouvoir les instruments qui modifieront le comportement.
Question à débattre :
7) Quels sont les critères de sélection d’un site approprié pour une étude de cas sur les bassins hydrographiques ? |
- Utiliser des bassins hydrographiques qui disposent déjà de processus sophistiqués pour faire progresser la question de l’eau en vue d’examiner la réforme des politiques publiques. Une seule étude de cas, ou même plusieurs, sur des bassins hydrographiques pourrait faciliter cette analyse.
5. Synthèse et prochaines étapes
Cette synthèse présente un large éventail d’opinions et d’avis d’experts sur les questions clés et les domaines dans lesquels la TRNEE pourrait concentrer son programme. La TRNEE souhaite remercier tous les participants pour leurs précieux conseils et leur contribution au Programme. Les orientations et les commentaires reçus lors de l’atelier serviront à mieux définir la portée, les priorités et le programme de recherches du Programme de la TRNEE. Au cours des prochains mois, le Comité consultatif d’experts et le Sous-comité sur l’eau de la TRNEE se réuniront pour continuer d’orienter le Programme et pour lancer la phase de recherche.
Participants
Allen, Paul
Assistant Director, Freshwater, Horizontal, Policy and Science Coordination
Natural Resources Canada
Balpataky, Katherine
Research Associate
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTE)
Boisclair, David
Research Director
Institute for Research on Public Policy
Borland, Bill
Vice President, Canadian Federal Programs AMEC Earth Environmental
Brooks, David
Senior Advisor, Fresh Water
Friends of the Earth Canada
Brubaker, Elizabeth
NRTEE Member; (Executive Director, Environment Probe)
Campbell, Liza
Senior Policy Advisor
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Cantin, Bernard
Director
Policy Research Initiative
Carignan, Serge
Executive Director, I.C.I. Environment
Université du Québec à Montréal
Chamberland, Hubert
Le president du COVABAR
Comité de concertation et de valoristion du bassin de la rivière Richelieu
de Loë, Rob
Professor and University Research Chair in Water Policy and Governance, Department of Environment and Resource Studies
University of Waterloo
Drolet, René
Director of Policy & Research
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Dubé, Robert
NRTEE Member; (Président, ATOUT PERSONNEL)
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Edwards, Denise
Administrative Assistant
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Fortin, Pierre
President
Canadian Hydropower Association
Gagnon, Luc
Senior Advisor, Climate Change, Environment and Sustainable Development Unit
Hydro-Québec
Gardiner, Elizabeth
Vice President, Technical Affairs
The Mining Association of Canada
Hilkene, Christopher
NRTEE Member; (Clean Water Foundation)
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Kelly, Mike
Vice President, Alberta Water Council; Former Director, Water Resources, TransAlta
Kreutzweiser, David
Research Scientist, Aquatic Ecology and Ecotoxicology, Canadian Forest Service
Natural Resources Canada
Kulshreshtha, Suren
Professor, Department of Bioresource Policy, Business and Economics (PBE)
University of Saskatchewan
Lambert, Gordon
Vice President, Sustainable Development
Suncor Energy Inc.
Marshall, David
Founder and CEO
Fraser Basin Council
Martel, Jean-Pierre
President & CEO
Forest Products Association of Canada
McCuaig, James D.
Program Advisor
Munk Centre for International Studies
University of Toronto
McLaughlin, David
President and CEO
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Merchant, Jamshed
Assistant Deputy Minister
Prairie Farm Rehabilitation Administration and Environment
Agriculture and Agri-Food Canada
Mitchell, Clyde
Senior Engineer/Project Manager
Triton Environmental Consultants Ltd.
Mitchell, Jon
Lead, Environmental Strategies
EnCana Corporation
Morris, Tim
Programme Officer, Fresh Water Resources Protection
Walter & Duncan Gordon Foundation
Munroe, Geoff
Associate ADM and Chief Scientist
Assistant Deputy Minister’s Office
Natural Resources Canada
Noble, David
Consultant
2degreesC
Nowlan, Linda
Consultant
Painchaud, Jean
Service de la gestion intégrée de l’eau
Direction des politiques de l’eau
Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP)
Paradiso, Christina
Policy Advisor
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Pentland, Ralph
Canadian Water Issues Council
Phare, Merrell-Ann
Executive Director and Legal Counsel
Centre for Indigenous Environmental Resources (CIER)
Phillips, Richard
Chairman
Alberta Irrigation Projects Association
Prokopanko, Richard
NRTEE Member; (Director, Corporate Affairs for B.C. Rio Tinto Alcan Inc.)
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Renzetti, Steven
Professor, Department of Economics
Brock University
Sandford, Bob
Chair, Canadian Partnership Initiative United Nations, Water for Life Decade;
Director
Western Watersheds Climate Research Collaborative
Saunders, J. Owen
Executive Director, Canadian Institute of Resources Law
University of Calgary
Servos, Mark
Scientific Director, Canadian Water Network, Canada; Research Chair, Water Quality Protection, Department of Biology
University of Waterloo
Slater, Robert
NRTEE Member; (Adjunct Professor, Environmental Policy, Carleton University)
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Sopuck, Robert
NRTEE Member; (Vice-President of Policy, Delta Waterfowl Foundation)
National Round Table on the Environment and the Economy (NRTEE)
Vescovi, Luc
Chercheur et coordonnateur de programme
Ouranos Inc.
Watt, Shannon
Policy Research Analyst
Federation of Canadian Municipalities
Webster, Alain
Vice-rectorat à l’administration et au développement durable
Université de Sherbrooke
Westmacott, Chad
Senior Policy Analyst
Environment Policy Division
Natural Resources Canada
Yap, Robert
Director, Water Resources
Ontario Power Generation