

Récapitulation de la réunion (version PDF)
Le 16 octobre 2009, la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE), en collaboration avec l’Association minière du Canada (AMC), a réuni des intervenants et des experts du secteur minier pour débattre des enjeux entourant l’utilisation actuelle et éventuelle des ressources hydriques dans le secteur minier au Canada.
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Le groupe multilatéral représentait de nombreuses parties intéressées, y compris l’industrie proprement dite, des organismes non gouvernementaux à vocation environnementale, des ministères fédéraux, des groupes autochtones et le secteur financier. L’objet de la table ronde était de déterminer les problèmes actuels et émergents d’utilisation et de disponibilité de l’eau douce et de déterminer la qualité des données et de l’information sur l’utilisation de l’eau dans le secteur minier.
Le deuxième débat a mis en relief le manque de renseignements nécessaires pour assurer une gestion durable de l’eau à l’avenir. Le dernier débat a porté sur les recommandations relatives aux questions stratégiques essentielles que la TRNEE pourrait intégrer dans son Programme sur l’eau en 2010.
L’utilisation de l’eau dans l’exploitation minière au Canada
L’AMC a présenté un aperçu détaillé de l’utilisation de l’eau dans le secteur minier et souligné les efforts actuels du secteur pour améliorer sa performance environnementale. Le secteur minier ne voit pas la disponibilité de l’eau comme une contrainte importante ou un risque pour sa pérennité. Il reconnaît toutefois que la venue de nouvelles exploitations minières pourrait avoir des répercussions sur les ressources hydriques des bassins versants où sont établies ces exploitations. Les représentants de ce secteur se soucient davantage des surplus d’eau et des précipitations extrêmes que de l’accessibilité et de la disponibilité de l’eau aux fins d’exploitation. Le secteur reconnaît l’importance de gérer les répercussions en aval sur les collectivités et les écosystèmes, notamment en ce qui concerne la qualité de l’eau.
L’exposé de l’AMC a souligné de nombreuses utilisations importantes de l’eau dans ce secteur :
Xstrata Copper et Xstrata Nickel ont présenté un exposé mettant en relief leurs programmes et pratiques de gestion de l’eau. Xstrata Copper (représentant de Kidd Metallurgical) a souligné l’importance de son programme de gestion de l’eau dont le principal objectif consiste à réduire la consommation d’eau tout en augmentant son efficience hydrique par le biais d’objectifs annuels et d’un programme d’amélioration continue. Le programme comprend l’évaluation des risques des répercussions environnantes causés par la consommation de l’eau, tels que le potentiel d’érosion causé par la variation du niveau d’eau qui peut perturber l’habitat des poissons pendant les périodes de faible débit ainsi que les activités récréatives et d’autres activités régionales. La société a également mis au premier plan son procédé unique et novateur d’élimination des résidus, améliorant leur efficience hydrique et réduisant la quantité nécessitant un traitement. Le représentant de Xstrata Nickel (Raglan Mine) a discuté de son procédé à niveau de rejet nul utilisé pour gérer l’eau de procédé à l’usine. Ce procédé a permis de réduire la consommation d’eau sans évacuer d’eau de procédé sur le site (circuit fermé). Les autres avantages de ce procédé sont une réduction importante de la toxicité, une économie d’énergie, une économie en réactifs, une moindre quantité d’eau à traiter, et un meilleur effet métallurgique.
La problématique de l’eau dans le secteur minier
Gestion de l’eau et bilan hydrologique du site minier
Le « bilan hydrologique du site » est une problématique importante dans l’exploitation minière – la nécessité de tenir compte de l’eau qui entre et sort du site minier. Les difficultés du bilan hydrologique d’un site minier découlent notamment d’événements extrêmes (entraînant souvent l’arrivée sur le site de grands volumes d’eau) et du fait que le site minier se trouve à l’endroit où la ressource existe, obligeant les entreprises à composer avec l’hydrologie du site. À la lumière d’une augmentation possible des précipitations extrêmes (aussi bien le rythme que l’intensité) en raison du changement climatique, cette préoccupation peut devenir plus courante dans l’exploitation minière future.
Même si sa consommation d’eau est faible, la gestion de l’eau d’une mine peut avoir un effet important sur la qualité de l’eau d’une région, advenant que de l’eau contaminée soit rejetée dans les eaux environnantes en raison de son débit ou de l’infiltration d’eau souterraine. Afin d’éviter toute répercussion sur le milieu récepteur, l’eau contenue dans les bassins d’accumulation de résidus est traitée puis évacuée dans des endroits conformes à la réglementation. Cependant, le traitement de l’eau coûte cher. De plus, les participants ont laissé entendre que la gestion de l’empreinte hydrique d’un site minier était nécessaire pour réduire les frais de gestion de l’eau et minimiser les répercussions sur la qualité de l’eau.
L’industrie minière est attentive aux effets potentiels, sur les autres utilisateurs et les écosystèmes, des opérations minières. Les participants estiment que l’interaction entre la qualité et la quantité d’eau est prioritaire, car la qualité peut influer sur l’utilisation de l’eau à d’autres fins. Pour assurer une meilleure gestion de l’eau, l’industrie doit comprendre les autres utilisations de l’eau dans la région où se trouvent ses mines. L’eau est souvent une ressource partagée, d’où l’importance pour l’industrie de connaître les autres utilisations de l’eau et les restrictions possibles, le cas échéant.
Le problème de l’eau souterraine pour les mines est fonction de l’emplacement et de la proximité des autres utilisateurs d’eau souterraine. Par exemple, l’assèchement d’une mine est un problème à régler, car il pourrait induire l’assèchement des puits d’eau des résidents locaux. Bien qu’il s’agisse d’une question locale importante, ce problème n’a pas été signalé au cours des discussions comme un enjeu important pour l’industrie.
Adaptation aux changements climatiques
Jason Prno, conseiller de Trailhead Consulting, a résumé un rapport récent [août 2009] publié par le Fonds mondial pour la nature (WWF) intitulé Les changements climatiques et l’exploitation minière au Canada : des occasions d’adaptation. Bien que la recherche n’ait pas été expressément axée sur l’utilisation et la disponibilité de l’eau, certains points ont été soulevés à ce sujet. Parmi les conséquences du changement climatique, mentionnons notamment la variabilité pluviométrique, la variabilité du calendrier de précipitations et une augmentation de la fréquence d’événements « extrêmes », lesquelles ont des conséquences régionales. Le rapport a permis de relever certaines études de cas qui soulignaient les différentes répercussions possibles au Canada, allant des problèmes de production à la défaillance des infrastructures. Pour résumer, l’étude a permis de constater que la majorité des exploitations minières seront touchées par les problèmes climatiques, notamment lors de la phase de fermeture, et que le changement climatique n’est pas une préoccupation importante dans ce secteur et les mesures concrètes en vue de s’y adapter sont limitées.
Au cours de la discussion qui a suivi, quatre rapports et initiatives ont été soulignés. Ils portaient un regard sur le changement climatique : le Code de pratiques écologiques pour les mines de métaux, 2009 d’Environnement Canada, les Directives pour la sécurité des barrages 2007 de l’Association canadienne des barrages (ACB), le Guide pour les installations de gestion des résidus miniers de l’AMC, et un groupe intersectoriel de RNCan, qui se penche sur l’exploitation minière et le changement climatique. Aussi, les risques et les possibilités résultant du changement climatique et de l’adaptation qui en découle ont été soulevés. L’exploitation minière à ciel ouvert a traditionnellement été reconnue comme moins risquée que l’exploitation minière souterraine, mais les fluctuations climatiques annuelles imposent un stress énorme sur les murs des puits souterrains, ce qui pourrait occasionner d’éventuelles défaillances. Bien que ce ne soit pas directement lié au changement climatique, les investisseurs pourraient considérer comme moins risquée l’exploitation minière souterraine, laquelle a une empreinte écologique moins importante, eu égard aux fluctuations climatiques.
Information et données sur l’utilisation de l’eau
La plupart des sociétés minières ont une bonne idée du bilan hydrologique de leur site, y compris la prise, la consommation, le recyclage, la réutilisation et le rejet d’eau. Les données sur l’utilisation de l’eau, recueillies au moyen de compteurs, sont calculées à l’aide des données à la pompe. Elles sont considérées comme assez précises. Les exigences en matière de rapports diffèrent selon la province ou le territoire, mais les données sont habituellement recueillies dans le cadre d’une exigence sur l’utilisation de l’eau ou d’autres applications permettant l’exploitation minière.
Même si l’industrie minière croit maîtriser assez bien l’utilisation de l’eau aux fins d’exploitation, elle estime ses données insuffisantes quant aux ressources hydriques dans le contexte régional et aux effets cumulatifs de l’exploitation minière. De plus, les participants considèrent que les données ne sont pas intégrées de façon uniforme et en temps opportun, ce qui les rend inaccessibles à d’autres parties intéressées et au public pour répondre à des besoins de gestion plus généraux.
Directives pour les prochaines études de la TRNEE
Les provinces et territoires n’étant pas tous représentés à la table ronde, les intervenants ont laissé entendre que la TRNEE comprenait les politiques et règlements sur l’utilisation de l’eau dans tous les territoires de compétence.
Même si les participants se sont montrés très intéressés par la gestion de l’empreinte hydrique et l’interaction entre la qualité et la quantité de l’eau, ils pensent que d’autres organismes du secteur minier traitent convenablement de ces questions et que la TRNEE n’a pas besoin d’en faire davantage sur ce point. Ils estiment également que d’autres organismes couvrent convenablement les questions relatives aux technologies de gestion de l’eau.
Si la TRNEE devait approfondir son étude sur l’incidence du changement climatique, les participants estiment qu’il serait fort utile d’étudier les questions relatives à la gestion des événements « extrêmes » ou de concevoir une méthode d’adaptation commune, y compris des définitions et des normes, en collaboration avec d’autres secteurs industriels, plutôt que de se concentrer sur la problématique de la disponibilité de l’eau.
TABLES RONDES SECTORIELLES
Katherine Balpataky
Associée en recherche
Téléphone : 613-992-7157
Courriel : balpatakyk@nrtee-trnee.ca